Corée du Sud : La guerre des sexes aura-t-elle lieu ?

Depuis janvier 2018, #MeToo et une succession de scandales obligent la population sud-coréenne à faire face aux profondes inégalités longtemps ignorées entre les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Une remise en question, notamment culturelle, qui ne fait pas l’unanimité.

Le 7 mars 2019, veille de la Journée Internationale des droits des Femmes, l’AFP a rapporté la plainte du cinéaste le plus acclamé de Corée du Sud, Kim Ki-duk, contre le groupe féministe WomenLink pour « dégâts infligés à sa réputation ». En 2017, le groupe avait soutenu une actrice qui accusait le réalisateur d’abus sexuels et de violences physiques. Dans ce pays patriarchal, attaquer en retour les victimes pour diffamation est une pratique courante qui vise à les faire taire.

L’apparition du mouvement féministe sur la péninsule s’est faite tardive. En guerre jusque dans les années 1960, la Corée du Sud s’est concentrée sur sa reconstruction jusque dans les années 1980. L’égalité femme-homme ne semblait pas, avant les années 1970, faire partie des priorités de la société coréenne.

Néanmoins, depuis quelques années les féministes tentent de combattre les inégalités qui régissent et rythment le quotidien des femmes, quitte à s’attirer les foudres des défenseurs du système qui a fait la réussite économique de leur pays.

L’arrivée de #MeToo en 2018 a amplifié la force de leurs revendications.



Plutôt qu’une « guerre des sexes » c’est un bouleversement culturel qui s’opère au pays du matin calme.

Au début de l’année 2019, le Forum économique mondial a partagé son classement annuel des pays en matière d’égalité femme-homme. La Corée du Sud est remontée de la 118e place à la 115e, sur un total de 149 pays étudiés. Une avancée certes légère, mais significative et non-négligeable. 


S’il est impossible de quantifier la responsabilité du mouvement #MeToo dans cette étude, son influence, en Corée du Sud comme dans le reste du monde, semble s’étendre plutôt que de s’éteindre.

Affaire à suivre.